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| Le réformisme islamique |
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| Écrit par Webmaster | |
| 12-07-2006 | |
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Le réformisme islamique
Le réformisme islamique D'al-Afghânî à Hassan al-Banna. (2ème partie). (Un livre de Tariq Ramadan.) Ce sujet vous sera présenté en deux parties et nous remercions de tout cœur la sœur Laurence pour cet exposé très enrichissant Muhammad Abduh
Sur de nombreux points, al-Afghani et Abduh sont en parfait accord, les divergences portent sur les moyens et les modalités du changement. Il laisse un seul traîté, un seul tafsir mais se consacre à l'éducation: "Celui qui veut le bien de son pays doit porter tout ses efforts sur l'éducation, à la suite de cette amélioration, il réalisera toutes les autres réformes, à condition que celles-ci soient légitimes ..." "Je m'étonne que les plus avertis parmi les musulmans et leurs journaux mettent toutes leurs préoccupations dans la politique et qu'ils négligent le fait de l'éducation qui est toute chose et sur laquelle se construit toute chose. Sayyid Jamal al-Din al-Afghani avait des capacités impresionnantes, s'il en avait usé dans l'éducation, l'islam en aurait reçu le plus grand bénéfice." Al-Afghani avait eu le pressentiment de s'être fourvoyé et Abduh, fort du même constat, a orienté sa stratégie, armé d'une conception différente La formulation théorique de sa conception de l'Islam, contrairement à son maître Al-Aghani, a accompagné, voire est née de sa réflexion sur l'état de la société, sur le quotidien. On connait la fatwa de Muhammad Abduh, mufti d'Egypte, permettant le prêt à intérêt C'est la raison pour laquelle, pour certains chercheurs, al-Afghani traduit l'idée sur le plan religieux et politique, de la non-compromission avec l'Occident, contrairement à Abduh. Abduh renvoie dos à dos l'ensemble des écoles religieuses et philosophiques qui se sont disputées sur des questions secondaires. Le Coran est avant tout un livre de religion et de direction. Il faut en saisir l'essence et en dégager l'essentiel.. Homme de réflexion critiqué...Il faut cependant s'en tenir aux objectifs qu'Abduh s' était fixés lui-même, au premiers rangs desquels il y avait le taqlid. Ensuite, l'éducation, dont le sens pour Abduh était de redonner une véritable place au cadre identitaire. "L'éducation est tout": fut son slogan. Il eut aussi une large réflexion sur la situation de la femme, le divorce et la polygamie. Tout homme devait mener pour lui, à transformer la société.
¨ Rachid Rida Elève de Muhammad Abduh. Ses attaques contre al-Azhar sont d'une virulence rare Ces propos qui peuvent paraître très modernes mais se réfèrent à des positions plus anciennes comme celle de Malik, puis de ash-Shatibi. Sans doute est-ce sur le plan politique que la position de Rida va s'écarter de celle de son maître. Cependant, jamais Rida n'a confondu son action pour l'indépendance avec l'idée d'un engagement nationaliste auquel il s'opposait fermement. Mais aux yeux de Rida, l'Europe ou les gouvernements des puissances étrangères ont pour objectif de diviser les musulmans, en nations, en sectes, afin d'empêcher la réalisation d'un projet islamique international.
¨ Surnommé "La lumière de son temps", il faut le situer en Turquie. Il comprit sa méprise d'avoir pu penser qu'il serait soutenu par Mustapha Kemal, sa pensée alla alors à l'encontre du pouvoir en place. Ses oeuvres circulèrent en silence et prirent racine... Il encouragera l'enseignement, la recherche du savoir comme étant une obligation dans la religion. Son slogan "Pas d'Islam sans savoir"... Parenthèse personnelle: Evénement décisif dans sa vie, il entendit que le ministre britanique Gladstone, chargé des colonies, avait fait des menaces explicites contre le Coran. Il souhaitait le discréditer puisqu'il s'avérait être la seule solution pour dominer les peuples musulmans.Saïd Nursi se jura "Je prouverai au monde entier que le Coran est une source de lumière qui ne mourra jamais et qui ne s'éteindra jamais." Il s'attela à la tâche et chercha à prouver que le Coran était une source de réel progrès. Il combattit tout ce qui voulait déraciner l'Islam. Après la guerre, il comprit que les sciences et la philo ne suffiraient pas et pris le Coran comme "guide unique" mais il proposera de filtrer les éléments intéressants de l'Occident. Son action ira plus loin que celle de ses prédécesseurs car il créera une réelle dynamique autour d'une structure organisationnelle, ayant un caractère social et politique.
¨ Abd al-Hamid Ibn Badis
Il faut le situer en Algérie. Il prônera l'organisation du travail de terrain et ce, dans tous les domaines de l'action sociale puis il se décidera à lancer un journal d'opinion "al-Muntaqid". Ibn Badis mit au premier plan un véritable effort d'éducation contre l'école dépersonnalisante de l'occupant colonialiste. Le problème était d'échapper au double piège d'une intégration aveugle au modèle occidental et d'un refus global.
¨ Poète et mystique. Il est une excellente synthèse des thèmes et des enjeux de la pensée réformiste contemporaine. On retrouvera chez lui, une application constante de l'ijtihad, lecture originale des sources dans tous les domaines de pensée. Plus que tout, il insistera sur la spiritualité propre à l'islam., et ce sans doute parce qu'il soupçonne l'influence matérialiste qui pourrait envahir le coeur des musulmans. "Dans la conscience du peuple qui jadis conquit le monde, j'ai vu la dépendance de la religion vis à vis de la patrie. L'âme est morte dans le corps, à cause de la faiblesse de la foi: elle a perdu l'espoir dans le pouvoir de la Religion évidente. Turcs, iraniens, arabes sont enivrés par l'Europe. Chacun a dans sa gorge l'hameçon de l'Europe. L'Orient est ruiné par la domination de l'Occident, tandis que le communisme a enlevé tout éclat à la Religion et à la communauté." Il ajoute "Oh toi qui es prisonnier de leur imitation, libère-toi! Prend refuge dans le Coran et libère- toi."
¨ Hassan Al Banna
Tout jeune, (1924)Hassan al-Banna va former un groupe de prédicateurs qui aura pour activité principale d'interpeller les gens dans les mosquées et les cafés la réussite sera aussi totale que surprenante... il conçoit son action au nom de l'islam de façon totale et absolue.
sa prédication dans les cafés: sujets simples, formulation accessible, propos réconfortants, interpellation des coeurs sans culpabilisation, appel à la responsabilité et tout cela durant un cours qui ne dépasse pas 15 minutes .Il n'aborde pas les sujets sensibles et passe un accord avec ses élèves adultes afin d'éviter la dispute et de s'en tenir à ce qui unit les musulmans et les coeurs. Il cherchera à mener 2 actions de front: éduquer le peuple et libérer le pays de la présence coloniale. Il va ainsi créer Les Frères Musulmans, qui en 20 ans de travail sera un mouvement très populaire et actif. Les 2 thèmes récurrents des conférences et des articles d'al-Banna sont l'affirmation du nécessaire retour aux valeurs de l'islam et de la non moins nécessaire libération de la mainmise coloniale des Anglais. Le gouvernement anglais prendra des mesures contre les Frères et tentera de les pousser à la radicalisation. L'association sera dissoute en 1948. Un soir de 1949, al-Banna sera tué...
Comprendre L'islam. "...Nous sommes portés par beaucoup d'espoir et nous pensons que la seule chose qui peut empêcher notre réussite est bien ce désespoir..." La faille de l'Occident est lui semble-t-il son attrait pour le divertissement et le matérialisme. Pour al-Banna, les fondements et les règles de l'Islam sont de la plus grande utilité en même temps que de la plus grande plénitude. Aussi, il perçoit les soufis comme des coeurs purifiés. La dimension spirituelle est fondamentale: elle est la compréhension par le coeur ( al fahm). Elle est essentielle à la compréhension de l'Islam. Hassan al-Banna invite à accéder à la globalité de l'Islam. En parlant des Frères Musulmans, Hassan al-Banna dit: "Nous sommes une confrérie soufie... Nous sommes une association de solidarité... Nous sommes une fondation sociale.... Nous sommes un parti politique propre, libéré de toute ambition, qui a déterminé un objectif et a assaini sa direction et son orientation." Al-Banna invite à accéder à l'intelligence de la globalité de l'Islam. "L'Islam est foi et adoration, patrie et nationalité, religion et Etat, spiritualité et action, Coran et épée..." Parenthèse: Al-Banna a parlé à plusieurs reprises de la guerre et du jihad mais dans son esprit, la guerre est soumise à des conditions très strictes, et l'on ne peut se justifier qu'en cas de légitime défense ou en cas de résistance à l'oppression.
Le Coran et la Sunna: Nouvelle Lecture Al-Banna appelle au respect des diversités d'opinion pour la compréhension profonde du sens de l'union des coeurs. La religion admet le mouvement, exige la diversité, mais ce sont les hommes qui en modifient les règles, en durcissent les contours et jugent de façon intransigeante. Les savants du mouvement nommé salafi, très traditionalistes, de même que certains savants d'al-Azhar critiquèrent beaucoup al-Banna. Hassan al-Banna met pourtant en garde contre les commentaires qui seraient la produit d'une opinion personnelle et qui ne reposeraient sur aucune science. Cependant... A un homme qui lui demandait quel était le meilleur des commentaires du Coran parmi ceux écrits parmi les grands oulémas, et quelle était la meilleure voie pour le comprendre, il répondit: "Ton coeur". Il parle d'un application constante de l'ijtihad. "Malheur à ceux qui n'observent les choses que sous un seul angle... " dit-il. Il met en évidenca l'importance de l'éducation: la formation personnelle et l'enseignement. Al-Banna part du principe que le principal obstacle à la conscientisation est l'ignorance dans laquelle le peuple est enfermé. Un peuple sans savoir est un peuple sans opinion et donc qui n'est aps engagé. "Nous voulons l'individu musulman, puis la famille musulmane, puis le peuple musulman." Aussi, l'une des toutes premières entreprises d'al-Banna fut de fonder une école pour enfants. Il relève le problème de l'Egypte; il parle de problèmes d'identité du peuple égyptien, qu'aucune fierté n'habite. Il veut développer la conscience de l'appartenance islamique, identité religieuse et culturelle. C'est pourquoi il estime que les mosquées doivent retrouver sa fonction première qui lui faisait être un lieu d'enseignement, de vie, de rencontre, et d'organisation communautaire et non pas seulement un lieu de culte. Al-Banna est persuadé qu'il est nécessaire de revenir aux valeurs de l'Islam, et qu'il faut pour cela se libérer de la mainmise étrangère. Il faut savoir qu'Hassan al-Banna n'a jamais diabolisé l'Occident. A son sens, l'Occident est juste en pleine famine spirituelle et le chaînont manquant est le souvenir d'Allah.Il ne voit de solution que par l'Islam. De là à parler de jihad, puisque certains feront des racourcis faciles...Il souligne que la paix "as salam", est de la même racine salama que Islam et que la guerre est particulièrement règlementée. Elle est légitime dans 5 situations seulement même si le sens du mot jihad est "devoir de résistance". Aucun acte de violence n'a pu être attribué aux Frères et raison de plus, aucun assassinat non plus... Pour al-Banna, la clef c'est retrouver l'identité propre à l'Islam. Contexte égyptien: Nasser a joué un jeu très fin. D'un côté, il avait un prestige international. Il apparaissait comme défenseur de la cause arabe, s'étant allié aux soviétiques, il a tenu tête à Israël et il a soutenu la résistance algérienne. Autrement dit, il a soigné son image. D'un autre côté, les pratiques du régime en place était nettement moins reluisantes: -arrestations des Frères (61000) -emprisonnements (1450 condamnations) -torture -pendaisons (6) et dissolution du mouvemlent des Frères Musulmans en 1953 Les événements palestiniens de 1947-48 déplaceront le champs de la confrontation et les Frères Musulmans seront particulièrement déterminés à refuser l'implantation sioniste. Les puissances occidentales, impliquées dans les tractations et dans les décisions des Nations Unies, verront d'un très mauvais oeil cette mobilisation s'opposant aux décisions d'une instance internationale défendant leurs intérêts. Et c'est à cette époque que l'état d'Israël a vu le jour.. Il est important de savoir que 263 Frères furent tués soit en Palestine (aide et défense du peuple palestinien), soit par la police et l'armée. Nasser a fait dire que les Frères constituaient un mouvement fanatique. Pourquoi? Nasser avait des relations secrètes avec les Américains, il gardait un certain contact avec les Anglais et ceux-ci n'aimaient pas les Frères. Il y avait aussi des points de divergence qui rensaient toute collaboration impoqqible avec les Frères. En fait, Nasser avait dres intérêts ailleurs...
Sayyid Qutb En 1949, Sayyid Qutb prend alors une "posture réactive", il se refuse à tout compromis. (La pensée d'al-Banna est beaucoup moins crispée ) Sa réflexion présentée sous le mode binaire est réductrice et son caractère est tranché. Cependant, la pensée qui naît dans les prisons est réactive, forcément en opposition, immanquablement marquée par l'affront. Il actualise sa pensée dans un contexte douloureux, et certains jeunes militants vont lire ses textes à la lumière de la violence qu'ils subissent. Son style arabe est parait-il sensationnel, alliant modernité et genre littéraire, il marquera ses lecteurs. Considéré comme un savant radicaliste, il faut cependant savoir que Qutb ne fut pas l'idéologue de la propagation de l'Islam par le sabre et encore moins le théoricien de l'action terroriste.
CONCLUSION
Les conceptions d'al-Banna sont élaborées, pondérées, et il s'adresse à l'Occident non pas comme un ennemi, mais comme à un égal de qui il attend la reconnaissance non moins que le respect. Comme la plupart des régimes arabo-musulmans aujourd'hui, le gouvernement égyptien exploite la présence des minorités actives et radicales au sein du mouvement islamique pour justifier sa politique autoritaire et répressive. Paradoxalement, les plus grands alliés du pouvoir tyrannique sont les gouvernements les plus radicaux, et c'est parfois le pouvoir lui-même qui entretient et encourage leurs folie. La manipulation est redoutable. L'actualité récente a souvent poussé les observateurs à analyser l'islam politique ou l'islamisme à partir de ces 20 dernières années. On parle beaucoup de fanatisme, d'intégrisme, d'islamisme alors qu'on n'en connaît pas la profondeur historique. Il n'y a pas de nuance à établir, pas de conciliation à attendre, au pire, les gouvernements musulmans eux-mêmes mettent en garde l'Occident, et leurs voix sont secondées par de nombreux intellectuels du Sud, qui dénoncent l'enfermement de la pensée des islamistes dans leur ensemble. L'analyse va rarement plus loin; le danger menace l'équilibre du monde. L'étude est trop sommaire pourtant. Hassan al-Banna commencera à réaliser le souhait politique de Jamal al-Din al-Afghani, autant que la stratégie éducative de Muhammad Abduh, l'espoir du parti de Rachid Rida, en réussissant à occuper à la manière d'an-Nursi et d'Ibn Badis, mais de manière plus performante encore, toutes les dimensions de l'action sur le terrain social. Les anciens, les Frères Musulmans pensent comme tous les réformistes avant eux, qu'ils agissent dans une société islamique, qu'ils doivent donc interpeller les coeurs et qu'enfin l'usage de la contrainte et de la violence n'est pas autorisé. Leur objectif consiste à donner naissance, par l'éducation et l'enseignement social, à une opinion publique qui réalisera le projet dès lors qu'une majorité sera convaincue. Au travers du prisme déformant de la "menace intégriste", on refuse de considérer que ces mouvements portent en eux des valeurs de foi, d'affirmation identitaire, de justice sociale et de fraternité humaine. Plus de 60 ans après l'affirmation d'Henri Laoust, l'interpellation franche et honnête demeure, entre l'Islam et l'Occident, c'est moins une affaire de violence qu'une question de justice.
Conclusion personnelle: Je considère ce livre à la lumière de mon intériorisation personnelle, selon ma propre grille de lecture et constate 2 éléments essentiels: -l'éducation (personnelle et enseignement) est la fondation, la base de toute société qui se veut évolutive, réfléchie, responsable -l'on revient sans cesse au même point de départ, la clef identitaire. Cela me paraît logique et naturel, puisque la construction de l'être est pour moi le cheminement de la vie. Et la Sagesse son objectif, en tenant compte du fait qu'elle représente elle-même une des facettes d'Allah ( el Hakim ) et en me reportant sur ce hadith :"La sagesse est la chamelle égarée de tout croyant". Qu'Allah nous guide vers Lui...
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| Dernière mise à jour : ( 15-07-2006 ) |
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Elève d'aAfghani.
Sa'id an-Nursi 
Muhammad Iqbal
19O6-1949
L'assassinat d'al-Banna fut le 1e signal d'alarme: que le courant soit réformiste ou pas, progressiste ou pas, populaire ou pas, les Anglais et avec eux toutes les puissances occidentales, ne laisseraient pas un mouvement si opposé à leurs intérêts prendre pied plus avant en Egypte.